Je suis née sous le signe du cancer. D'abord à dix sept ans  j'ai eu la maladie  d'Hodgking qui est un cancer du système lymphatique et pour ce cancer les médecins n'avaient pas prononcé ce mot redoutable de cancer et conseillé à mes parents  de  ne rien me  dire et ils ont caché ce nom même lorsque j'allais me marier. Comme j'ai eu un deuxième cancer trois ans après mon  mariage, je l'ai appris  comme mon ex mari à ce moment là ! Mon ex déclara que nous étions une famille de menteurs et même si je lui avais expliqué qu'on m'avait fait des rayons après l'opération, il déclara qu'il voulait divorcer, que je ne pourrais avoir d'enfants (ce qui était  faux à cette époque). Voilà comment certains hommes vous soutiennent dans l'adversité leur épouse. Mais j'aurais préféré qu'on me dise la vérité, je l'aurais dite avant mon mariage à mon fiancé et j'aurais pu avant vérifier son égoïsme et surtout ne pas l'épouser. 

Ayant suffisament écoute les reproches de mon ex à propos de mes cancers "quand  tu auras  ton troisième cancer, tu seras toute seule", "qui voudras de toi avec deux cancers", "il y en a assez d'aller dans les hôpitaux", d'avoir subi non seulement des violences verbales "crève", "tu n'es bonne à rien" mais aussi physiques puisqu'entre autres il m'avait donné un coup à mon sein opéré, tordu mon bras atteint d'un lymphoedeme, tape la tête contre le tableau de bord, essayé de m'étrangler : c'est moi qui ai demandé le divorce pour violences aux torts exclusifs de mon conjoint puisque mon ex mari m'en menaçait sans rien faire.

J'ai obtenu ce divorce aux torts exclusifs de mon ex même si mon ex s'obstinait à nier toute violence de sa part ou essayé de trouver comme excuse mes cancers et une déprime qu'ils m'auraient causée.

Malheureusement, au moment de la procédure de divorce, j'ai eu une récidive de mon  cancer du sein bien plus inquiétante et handicapante puisque  je subis une massectomie, la chimiothérapie en lieu et place de la simple ablation de la tumeur et de la radiothérapie lors de mon premier cancer du sein !  Mais c'est à cause de mon insistance que j'ai pu découvrir que j'avais un troisième cancer. Le centre anti cancéreux de C... obéit à un protocole précis mammographie de surveillance tous les ans et sans ma visite aux urgences de C...et ma mammographie passée  en ville je n'aurais rien su. Là détection du  cancer est longue. Par contre, certains médecins n'hésitent pas à vous donner des statistiques très dures par exemple 40 pour cent de taux de survie à 5 ans, plus grave alors que vous pleurez d'apprendre qu'il faudra vous couper le sein, on vous console en disant qu'il n'y a pas de quoi pleurer que cela arrive à des filles de vingt ans ! Plus tard, un médecin me dira texto que si je ne faisais pas l'ablation tout de suite, j'étais morte dans trois mois !!!

Après avoir subi tous ces désagréments (ablation, chimiotherapie) j ai appris par l'envoi à mon propre domicile d'une note rédigée sur mon dossier par un médecin chef de service que j'étais une "revendicatrice" toujours prête à demander des explications, des examens ! Comme si il n'est pas normal de s'inquiéter de sa propre santé surtout quand on a un cancer. Deux après c'est un examen pour lequel j'ai attendu les résultats en  vain pendant trois mois qui a prouvé que j'avais une récidive au sein droit. Et tout cela parce que j'ai dû faire intervenir le chef de service qui m'a dit quatre mois après que c'était un cancer et qu'il fallait m'enlever de  toute urgence la tumeur. Pourtant un mois avant il m'avait assuré qu'à son avis il n'y avait pas de cancer. Après ablation de la tumeur, il faut avoir la radiothérapie dans un délai de deux mois pour avoir toutes les chances de guérir. Or il n'y avait pas de place avant trois' quatre mois et encore ce n'était pas sûr. Il a fallu que j'insiste pour recevoir la radiothérapie dans un autre hôpital pour être traitée plus vite. Donc cela veut dire que ce n'est pas contre le cancer seulement qu'il faut se battre mais contre la lenteur des procédures médicales. Sans compter qu'il faut recevoir en pleine figure des statistiques, une vérité crue sans embage après qu'on nous ait pas prise au sérieux même si vous vous plaignez de douleurs et autres !

J'ajoute que pour couronner le tout lors de ma récidive au sein droit 8 ans après mon premier cancer au sein droit ce fut encore pire. J'avais une mammographie qui n'avait rien montré de particulier ou de suspect (je précise que quand on a déjà un cancer du sein, les dépistages ne se font pas à double lecture). Ayant rendez vous avec le remplaçant de mon médecin référent  je lui demandai de m'examiner et de me palper mon sein droit : il refusa sous prétexte que la mammographie était bonne. Or dans une petite ville de province où on me refit l'examen on detecta une récidive ! Je revins voir la radiologue elle me dit sans une excuse ou un regret que quand j'ai passé l'examen la machine à mammographie n'avait pas été révisée ! C'est inadmissible d'accepter de faire un examen dans ces conditions, de ne pas envoyer une patiente déjà cancéreuse chez un confrère si au moins elle m'avait dit la vérité j'aurais été ailleurs. Munie de cette nouvelle mammographie, je demandais un rendez vous à C. Il me fut répondu que c'était les vacances et qu'il n'y aurait personne avant deux mois ! De plus le médecin qui avait refusé de m'examiner sou prétexte que ma première mammographie était bonne maintint que je n'avais pas un cancer !!! J'étais dans le sud ouest. Grâce à ma détermination, je partis dans le centre anticancereux de Bergougnoux à Bordeaux où des médecins gentils me firent passer des examens supplémentaires qui confirmeront que j'avais bien un nouveau cancer. Je précise que j'ai été très bien reçue  par les cancérologues de Bordeaux alors que je n'étais pas leur patiente et même si c'était les vacances d'été, ils ont bien voulu faire le nécessaire. Prendre de vitesse le cancer est un leitmotiv : comment expliquer qu'un grand centre qui assure qu'il est le meilleur ne prenne pas la peine de détecter les cancers même lorsqu'il y a des examens médicaux faits ailleurs qui le démontrent. J'ai écrit au directeur pour lui raconter ma dernière mésaventure pour mon dernier  cancer au sein droit et il s'est contenté de me répondre par  courrier qu il ferait une enquête. Mais je n'ai jamais eu confirmation de cette enquête. Dois je penser que c'est parce que j'étais déclarée "revendicatrice" on ne s'intéressait pas à mon cas. Il est vrai que j'avais commis la bêtise d'accepter de parler de mes problèmes d'attente de prise en charge à une psychologue de ce centre anti cancéreux et celle ci m'a conseillé de ne rien dire, de ne pas me plaindre si je voulais être bien traitée. Il faut savoir que les psychologues de l'institut font état auprès des médecins de ce que reprochent les malades. Donc un conseil allez parler à des psychologues extérieurs ! C'est ce que j'ai fait.

Même s'il est à la pointe sur le plan technique et scientifique, ce centre ne prend pas en considération des inquiétudes légitimes : le malade connaît son corps et sait bien lire un résultat d'analyse de sang ou de radios. Pourquoi alors que le marqueur cancérigène est élevé on ne le prend pas en compte sous prétexte que le malade à déjà eu dans les années passées ce même taux élevé ? Pourquoi alors que la malade se plaint de cracher du sang et d'avoir mal dans la poitrine' d'être toujours essouflée, d'avoir maigri de dix kilos on ne la reçoit qu'une fois l'an même si ses marqueurs cancérigènes sont élevés ? Pourquoi faut il attendre de si longs délais avant que de nouveaux examens soient faits après la détection d'une image suspecte ? Et que l'on ne me dise pas qu'il y a trop de patients ! Généraliste et spécialiste sont prêts à faire faire tous les examens ce sont eux qui insistent pour qu un rv rapide soit donné à C !!!

On m'a trouvé un nodule suspect au poumon, des problèmes au foie, mes examens sanguins sont mauvais (anémie, marqueurs cancérigènes très élevés) et on me laisse sans réconfort moral, sans explication pendant un mois !!!!