La femme battue à du mal à prendre la décision de divorce. Cela paraît paradoxal, même presque masochisme. Mais la femme battue n'est pas cru. Ses beaux parents bien sûr font confiance à leur fils pas à leur bru : elle exagére, pour eux, voire elle ment. Et si la femme battue se retourne vers ses parents, on ne la croit pas non plus. Ils lui déconseillent de divorce, ne lui proposent aucun appui pour l'aider si ce n'est financièrement, au moins moralement.

       Voilà comment une femme battue doit d'abord être crue, être prise pour une victime et non pour une affabulatrice. Au pire, les parents et beaux parents légitimeront la violence du mari, l'excuseront : "il était énervé par son travail", "les hommes n'aiment pas les femmes malades" une mère a dit cela à sa propre fille, victime de violences conjugales. Son mari lui remontait le moral en lui proférant des menaces : "si tu dis que je t'ai frappée, je te ferais des ennuis au boulot", "qui voudrait de toi avec deux cancers ?", "le troisième cancer' tu seras toute seule"

        Comment voulez vous que la femme battue, seule et culpabilisée même par ses propres parents, se sente assez forte pour entreprendre une procédure judiciaire de divorce.

         Il a fallu qu'Émilie se batte pour arriver à ses fins : obtenir le divorce aux torts exclusifs de son ex mari. Mais hélas il était trop tard, trop tard pour refaire sa vie, trop tard pour avoir un enfant, trop tard pour guérir. Et la mort s'annonçait comme une voleuse. Elle avait perdu son bien le plus précieux : son espérance de vie.